Cours de chant en ligne
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Comment soigner la fatigue vocale

Pour avancer dans notre sujet, supposons que la fatigue vocale soit dûe à quelque chose que vous faites et non à un problème médical. 
Si vous êtes comme la plupart des chanteurs , votre fatigue est très probablement dûe à votre approche de la gestion du souffle. 
Pour répondre à la question de savoir comment éviter la fatigue et améliorer l’endurance vocale, nous devons d’abord examiner la physiologie de la création de la fatigue et de l’endurance.

Qu’est-ce que la fatigue musculaire ?

 L’article « Fatigue in Skeletal Muscle » propose cette définition : « La capacité d’un individu à performer lors d’un exercice à haute intensité dépend de sa capacité à générer et à maintenir une puissance de sortie élevée… L’incapacité à maintenir la puissance de sortie souhaitée définit la fatigue, et les mécanismes qui tentent d’expliquer la fatigue ont été généralement classés comme accumulation de produits ou épuisement du substrat. » 

Le point principal est que lorsque vous ressentez de la fatigue musculaire, vous êtes essentiellement en train de manquer de carburant plus rapidement que vous ne pouvez le remplacer. 

Si vous voulez augmenter votre endurance musculaire, vous devez donc améliorer votre capacité à consommer et à remplacer le carburant. Le renforcement musculaire y parvient en faisant travailler les muscles jusqu’a un point de fatigue, ce qui « entraîne un traumatisme ou une lésion des protéines cellulaires du muscle. Cela déclenche des messages de signalisation cellulaire qui activent les cellules satellites pour amorcer une cascade d’événements conduisant à la réparation et à la croissance musculaire. » 

(Voici l’article que je cite sur la croissance musculaire). 

Lorsque vous voulez qu’un muscle devienne plus fort, exercez-le jusqu’au point de fatigue, puis laissez-le récupérer. Il répondra à la blessure dans ses protéines cellulaires en se reconstruisant plus gros et plus fort qu’avant. 

Les résultats peuvent varier.

Si l’entraînement en résistance peut fonctionner comme un charme pour vos pectoraux et vos quadriceps, ce n’est pas un moyen efficace de renforcer l’instrument vocal ou d’autres muscles laryngés intrinsèques. Comme vos pectoraux et vos quadriceps, ils sont composés de fibres musculaires squelettiques. 

comment muscler sa voix. Musculation combien de fois par semaine
Muscler sa voix n’est pas la solution

Mais, relativement parlant, ces fibres sont si peu nombreuses que le fait de les gonfler n’aura pas un impact très important. Et même si c’était le cas, il n’y a pas assez de place pour qu’elles deviennent beaucoup plus grosses. 

Le renforcement des plis vocaux et des autres muscles laryngés n’est pas le remède à la fatigue vocale. Si vous voulez développer l’endurance vocale et éviter la fatigue, vous devez développer la coordination dans tout votre instrument et renforcer les muscles de soutien qui sont conçus pour devenir plus grands et plus forts avec l’exercice – pour nos besoins, les muscles utilisés dans la gestion habile du souffle. 

Une excellente directive générale pour tous les efforts physiques (et musicaux) est la suivante :

  • Utilisez les gros muscles pour les gros travaux. 
  • On nous recommande constamment de « soulever avec les jambes, pas avec le dos ». 


À l’ère des primates, il était plus efficace de soulever avec le dos. Hélas nos instincts n’ont pas encore rattrapé notre musculature. 

On apprend aux pianistes à s’appuyer autant que possible sur les gros muscles. Il est plus intuitif pour eux de se concentrer sur leurs doigts, mais il est essentiel qu’ils développent une technique pour faire bon usage des plus gros muscles comme ceux de la poitrine, du dos et des bras afin que leurs doigts soient libres d’effectuer le travail complexe, qu’eux seuls peuvent accomplir. 

Bien jouer du piano n’est pas une mince affaire, mais sa physiologie est plus facile à comprendre que celle du chant, car le travail des pianistes consiste à évoquer des sons à partir d’un instrument qui est séparé de leur corps. Contrairement au piano, votre instrument est parfaitement intégré à votre corps. La plupart de ses composants ne sont pas visibles et beaucoup d’entre eux sont difficiles à sentir ou à déplacer directement.

Si les muscles des doigts d’un pianiste se fatiguent excessivement, il apprend rapidement que ce n’est pas parce que ses doigts n’étaient pas assez forts, mais plutôt parce qu’il ne laissait pas les plus gros muscles faire leur part du travail. 

Lorsque votre voix se fatigue, il s’agit d’un scénario similaire : les petits muscles complexes de votre larynx ont été excessivement sollicités parce que les gros muscles de votre instrument n’ont pas fait leur part du travail. 

L’habileté à chanter repose sur votre capacité à optimiser et à réguler la pression d’air sous-glottique. Plus l’air est concentré et « comprimé » dans vos poumons, plus sa capacité à faire vibrer vos plis vocaux et à contribuer à la portée et à la variation dynamique, est grande. 

Il existe plusieurs façons d’augmenter la pression d’air sous-glottique. Examinons deux d’entre elles. 

Crochet et poussée

Le moyen le plus intuitif et le plus rapide d’augmenter la pression d’air sous-glottique est de resserrer votre gorge, puis de neutraliser ce resserrement en poussant le souffle contre elle. L’oppression peut être créée par la sur-adduction de vos plis vocaux, en poussant la base de votre langue vers l’arrière et vers le bas, et/ou en contractant vos muscles constricteurs. Le souffle peut alors être poussé par les muscles abdominaux, en comprimant le sternum vers le bas et/ou en tirant sur la cage thoracique. 

Décrit de cette façon cela peut sembler violent. Néanmoins, c’est un moyen très efficace et facile d’augmenter la pression d’air sous-glottique, et c’est pourquoi tant de chanteurs le font. Certains sont même capables d’obtenir un son très impressionnant grâce à cette stratégie. Cependant, ils sont capables d’obtenir un son plus flexible et qui résonne mieux(en se fatiguant moins) avec une meilleure stratégie de gestion du souffle. 

Si votre approche de la gestion du souffle utilise votre musculature laryngée pour augmenter la pression d’air sous-glottique, alors la musculature n’est plus entièrement disponible pour faire ce dont vous avez besoin. Vos cordes vocales ne sont pas libres de vibrer en créant des hauteurs et des dynamiques, car elles créent une forme de résistance contre laquelle le souffle peut pousser. Votre larynx n’est plus libre de rester dans une position basse et stable, car lorsque vous lui imposez une pression respiratoire. Votre larynx finit par malencontreusement se positionner vers le haut.

Les professeurs de chant bienveillants vous déconseilleront de serrer votre gorge et d’y faire passer beaucoup d’air. Ils voudront que vous ayez une gorge souple et un larynx bas. Ils vous diront de ne pas « tirer » sur les cordes. Si votre technique respiratoire inclue la mobilisation de vos muscles abdominaux pour soutenir votre souffle, vous utilisez alors une technique qui consiste à créer une résistance dans votre gorge et à sa neutralisation, par la pression du souffle. On l’appelle parfois, la contre-pression.

Lorsque vous poussez votre souffle ou forcez sur votre voix, vous resserrez également les muscles de votre gorge. Ils finiront par céder. Ce sont de petits muscles, et ils ne sont pas adaptés pour soulever des charges aussi lourdes. Il est vrai que lorsque vous sollicitez vos gros muscles(abdominaux par exemple), vous répartissez les tâches de manière plus raisonnable. Ayez conscience de l’importance de cet équilibre. Lorsque vous créez une compression dans vos poumons en serrant votre gorge et en utilisant ces gros muscles pour y faire passer l’air, c’est comme si vous demandiez aux petits muscles de votre larynx de forcer autant que ce que vos abdominaux font!

Après avoir appris la technique de respiration ci-dessous, n’hésitez pas à l’appliquer sur vos aigus!

La lutte vocale

voix enrouée, voix roque
La lutte vocale vous aidera à utiliser votre plein potentiel

La « lutte vocale », est le fondement de ce que les spécialistes du bel canto appellent la technique de respiration « appoggio ». Si vous cherchez ces termes sur Google, vous trouverez une variété de directives pour y parvenir. Voici le point de vue éloquent de Jean-Ronald Lafond à ce sujet, et voici une autre excellente description de Jack Li Vigni. 

Toutes ces descriptions ont en commun de mettre l’accent sur l’engagement dynamique des muscles de l’inspiration pendant le chant. La « lutte » impliquée se produit lorsque l’air expiré est retenu de manière contrôlée pour « économiser » un maximum d’air afin de faire durer la note.

Retenir le flux respiratoire concentre et comprime l’air. Cette technique augmente ainsi votre pression d’air sous-glottique sans impliquer les petits muscles de votre larynx. Lorsque vous faites cela, vous ne poussez aucun souffle vers l’extérieur. Vous fournissez simplement à vos cordes vocales une plus grande concentration de souffle pour les faire vibrer, et vous le faites en faisant travailler les « gros » muscles comme votre dos et entre vos côtes. 

Maintenir la tension dans vos muscles d’inspiration tout en contrôlant l’expiration peut paraître étrange. En fait, cette coordination respiratoire n’est propre qu’au chant ou bien à la pratique d’un instrument à vent (comme la flûte par exemple). Gérer cette compétence respiratoire, implique l’utilisation de vos jambes, à l’inverse de l’approche intuitive qui implique votre dos. Lorsque vous commencerez à développer cette compétence, vous aurez au départ, la sensation que les muscles impliqués peinent à suivre le process. Mais encore une fois, la pratique quotidienne vous aidera à faire de cette technique un réflexe!

Vous devrez travailler lentement et régulièrement pour acquérir la force et l’endurance nécessaires, tout comme vous devrez suivre un programme d’entraînement en résistance pour gonfler vos pectoraux et vos quadriceps. La bonne nouvelle est que vous obtiendrez probablement des résultats assez rapidement et qu’avec le temps, il est possible de développer une grande force dans ces muscles. 

Il est important de se rappeler que tout ce qui crée une résistance dans la voix peut entraîner une fatigue. Assurez-vous d’éliminer les tensions de la langue, de la mâchoire ou de la gorge, d’une résonance inadéquate, et d’un enregistrement trop lourd avant de vous concentrer sur le renforcement de vos muscles pour gérer votre souffle.

Pour en savoir plus, consultez notre article!

Ces conseils peuvent s’avérer très utiles lorsque vous vous essayez au style « chanter/crier ».

Développez la force et la coordination dont vous avez besoin pour gérer habilement votre souffle. La fatigue vocale fera désormais partie du passé. Ainsi, vous aurez plus d’endurance que vous ne l’auriez jamais imaginé!

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